Il y a 18 ans j’ai commencé à chroniquer mon quotidien de photoreporter partout sur la planète, là où mes reportages m’amenaient.  L’idée était de montrer le Off d’un reportage et plus généralement le quotidien d’un voyage, dans ce que cela comporte de réflexion, d’émotions, et d’appréhension de lieux de passage.

Pour ce faire j’ai utilisé un outil qui paraissait bien anodin à l’époque, le compact numérique, et qui s’est avéré être précurseur de l’objet incontournable et essentiel du quotidien de l'humanité : le smartphone.
Le travail que je vais vous montrer a donc été réalisé avec deux outils de prises de vue nés et grandis au 21ème siècle : le compact numérique puis le smartphone.

Un autre thème que j’ai abordé dans ce corpus, et non des moindres, est l’illustration du consumérisme de l’image et du voyage : la boulimie prédatrice et narcissique d’espaces et d’images de notre époque.

Le fond du propos et les outils utilisés m’ont alors poussé à chercher une narration nouvelle, une narration en rupture avec ce qui se fait traditionnellement en photographie à savoir la narration séquencée et linéaire proposée dans les pages des ouvrages ou sur les murs d’exposition.  J’ai donc décidé d’empiler mes photographies, de les imbriquer les unes dans les autres pour mieux exprimer la complexité de mes sentiments et de mes ressentis mais aussi pour exprimer la simultanéité d’événements dans des lieux disparates.
Cet empilement de temps et d’espace développe alors une narration que je vais qualifier de quantique.

Et cette narration a accouché d’une trilogie constituée de trois méta-images, terme que j’emploie depuis que j’ai commencé à les construire, il y a huit ans, avec les photos déjà collectées ou à partir d’images que je suis parti glaner…

Je vous présente ici la plus récente de ces trois œuvres car c’est certainement la plus compréhensible et la plus poétique.
Pendant plus de deux ans j’ai cherché à résoudre cette équation : comment faire un paysage à partir d’un nombre conséquent de paysages… Car une constante devenait très embarrassante : la dichotomie ciel/terre. Et ce sont les Impressionnistes et tout particulièrement Cézanne qui m’ont soufflé la réponse.

Cette œuvre, en particulier, de Cézanne m’a subjugué car elle est belle, complexe, et elle illustre sous certains abords mon histoire personnelle et les paysages dans lesquels j’ai grandi. Sur un point de vue pictural et purement artistique, son rythme et la vision en plongée répondaient à mes attentes. Enfin le pré-cubisme qui commence à s’affirmer dans la série des Sainte-Victoire de Cézanne m’apporte la respiration et la liberté d’assembler mes propres images.

J’ai donc reconstitué cette Sainte-Victoire de Cézanne sur les terres de mes ancêtres, là où je suis né et j’ai grandi. A savoir les Pyrénées, le Lauragais et plus généralement le Sud-Ouest de la France. Je suis donc parti avec l’œuvre de Cézanne sous le coude en quête de paysages qui seraient autant de pièces du puzzle à compléter, en allant "sur le motif" tel qu’il l’a fait lui. Au gré des saisons pour obtenir des teintes de végétations idoines, au gré de la géographie pour récolter des bouts de montagnes, de piémonts, de collines, de champs ou de forêts .

In fine vous obtenez une œuvre composée de 286 photos dans leur entièreté, dans leur intégrité de cadrage, mais imbriquées les unes dans les autres parce qu’elles sont superposées.  Il y a donc des pans entiers de ces paysages qui sont masqués mais qui existent vraiment dans l’œuvre. Ma Sainte-Victoire fait 4m par 3, soit 50 000 pixels par presque 38 000…
C’est donc de l’ultra haute définition.

Vous commencez donc à appréhender le concept d’assemblage et de narration.
Désormais, la complexité de Ma Sainte Victoire et sa démesure, sa composition même … à savoir l’assemblage de plusieurs centaines de photographies, légitiment mon envie de la faire vivre dans sa pleine mesure, en très grand format et avec une valeur intrinsèque pour chacune des images qui la composent et que j’appellerai dorénavant des tuiles.

Ma Sainte Victoire est donc composée de 286 tuiles. Et là vous pouvez imaginer où je veux en venir….
Je souhaite vendre les 286 tuiles une à une à différents acquéreurs en NFT.

L’œuvre finale appartiendra donc à une collégiale d’acquéreurs et non pas à un acquéreur unique. Chaque acquéreur aura la possibilité, bien évidemment, de voir sa tuile - son NFT -  dans son intégrité… donc de voir ce qui était caché par les autres tuiles.

MAIS… chaque acquéreur aura une plus grande et véritable valeur ajoutée par rapport au simple public ! Tous les acquéreurs, d’ailleurs, auront une valeur ajoutée. Je le divulgerai en temps voulu.

L’ œuvre existera sur un site web mais aussi physiquement. Et ça… nous en parlerons de vive voix…

Enfin, comme indiqué dans la vidéo, Ma Sainte Victoire fait partie d’une trilogie. Donc deux autres œuvres existent, dans le même principe d’assemblage, différentes mais chacune avec une identité marquée et avec ses valeurs ajoutées.

À suivre…